Midsommar Traduction & Rédaction http://www.gauthier-casimiro.fr fr Traduction : faire appel à un indépendant ou à une agence ? http://www.gauthier-casimiro.fr/traduction-faire-appel-%C3%A0-un-ind%C3%A9pendant-ou-%C3%A0-une-agence <div class="field field-name-body field-type-text-with-summary field-label-hidden"><div class="field-items"><div class="field-item even" property="content:encoded"><p>Vous avez un texte à faire traduire et deux choix s'offrent à vous : <strong>traducteur indépendant</strong> ou <strong>agence de traduction</strong> ?</p> <p>Il vous faut choisir et vous n'êtes peut-être pas à l'aise avec les différences - mais aussi les points communs - entre les deux modèles. Alors, qu'est-ce qui les différencie ? Qu'est-ce qui les rassemble ? Et au final, quel est le mieux ?</p> <p> </p> <p><strong>Ce qui les rassemble :</strong></p> <p>Que vous passiez par une agence ou par un traducteur indépendant, il y a de forte chance que votre texte soit traduit par le même genre de personne : un traducteur freelance (profession libérale ou l'équivalent dans son pays), normalement ayant pour langue maternelle la langue vers laquelle il traduit. Probablement le même traducteur que celui qui vous propose aussi ses services en tant qu'indépendant, d'ailleurs. De nos jours, les agences de traduction n'engagent quasiment plus du tout de traducteurs salariés, et les traducteurs libéraux fournissent leurs services aussi bien aux agences qu'aux clients directs.<br />À noter qu'en France en tout cas, la profession de traducteur n'est pas réglementée. Devient traducteur qui veut, et il est donc important de s'assurer des capacités réelles des traducteurs.</p> <p>Que vous passiez par une agence ou par un traducteur indépendant, vous faites appel à une entreprise, constituée d'un ou plusieurs professionnels dont le métier est la traduction.</p> <p>Que vous passiez par une agence ou par un traducteur indépendant, le prix que vous serez prêt à mettre jouera énormément dans le résultat final. Un prix très bas est le plus souvent le signe d'un "faux" professionnel ou d'un mauvais travail (étudiant, traduction bâclée, travailleur d'un pays à bas coût ne traduisant pas vers sa langue maternelle, etc). Par conséquent, n'allez pas imaginer que les agences sont nettement moins chères que les indépendants ou l'inverse : une agence qui fait appel à des vrais pros sera chère. Un indépendant vraiment compétent sera cher. Une agence bon marché est une agence qui paye mal ses traducteurs, et les traducteurs qui acceptent d'être mal payés le font parce qu'ils n'ont pas le choix (soit qu'ils ne soient pas assez compétents pour être bien payés, soit qu'ils ne connaissent pas l'industrie parce qu'il ne s'agit pas de professionnels confirmés) ou parce qu'ils n'ont pas besoin d'être bien payé (soit qu'il s'agisse de traducteurs issus d'un pays à bas coût, soit qu'ils compensent la faible rémunération par un énorme volume en bâclant leur travail).</p> <p> </p> <p><strong>Ce qui les différencie :</strong></p> <p>Un tas de choses différencie le traducteur "en client direct" de l'agence, alors même qu'on a vu qu'il s'agissait souvent des mêmes traducteurs.</p> <p>Une agence compétente fournira un service "tout compris" : votre texte sera traduit par une personne, puis relue par une autre. Si le projet est gros et nécessite plusieurs traducteurs,  l'agence aura par ailleurs quelqu'un pour centraliser le travail et favoriser une bonne cohérence de la traduction malgré des intervenants différents ayant chacun leur propre style linguistique.</p> <p>Ce service tout compris se paye : une agence sera toujours plus chère qu'un traducteur de talent équivalent en direct. Une agence sera en général même plus chère qu'un traducteur + un relecteur (que le relecteur soit directement fourni par le traducteur initial qui fait appel à un confrère, ou que vous fassiez appel vous-même à un relecteur).</p> <p>Une agence aura tendance à fournir un service moins directement personnel, moins humain, car vous n'aurez pas de "ligne directe" avec le traducteur. Un traducteur indépendant peut vous interroger directement sur des points de détail ou de préférence, vous pouvez à l'inverse le contacter pour lui donner des instructions supplémentaires en cours de route. Avec une agence, les possibilités existent mais sont plus limitées du fait que la communication passe par des intermédiaires supplémentaires, ralentissant significativement le processus.</p> <p>En revanche, une agence pourra fournir un service plus "carré", au sens où tous les traducteurs indépendants ne sont pas forcément des bons communicants ou des bons comptables. L'agence offre un côté rassurant parce que vous serez en lien avec une personne (généralement non-traductrice) dont le métier est de communiquer efficacement avec vous.</p> <p>Une agence peut également fournir une traduction vers plusieurs langues à la fois, en faisant appel à plusieurs linguistes. Aucun traducteur sérieux ne se proposera de vous traduire seul un texte vers plusieurs langues.</p> <p>Il peut être plus difficile de s'assurer de la qualité réelle du travail d'une agence, surtout vers une langue qu'on ne comprend pas soi-même, dans la mesure où l'on n'a généralement pas accès aux noms et CVs de la ou des personnes qui vont effectivement prendre en charge la traduction. Il va falloir faire confiance à l'affirmation "tous nos traducteurs sont des professionnels traduisant vers leur langue maternelle", ce que promettent toutes les agences sans que cela ne soit toujours vrai. Il est un peu plus simple de s'assurer du CV et du niveau de langue d'un traducteur indépendant.</p> <p> </p> <p><strong>À quoi dois-je faire attention lorsque je fais appel à une agence ?</strong></p> <p>Lorsque vous faites appel à une agence, commencez par vous assurer que la gamme de prix proposée correspond à peu près aux standards de l'industrie. Nous l'avons vu, le propre d'une agence est de fournir un service tout compris. Cela veut dire qu'en principe, votre texte va impliquer au moins trois personnes : un traducteur, un relecteur, et un manager qui fait le lien entre ces professionnels et vous-même.  Cela a un coût, et si l'agence vous propose du 8 centimes par mot source, il est rigoureusement impossible qu'elle paye ses traducteurs et relecteurs à un tarif propre à attirer des professionnels compétents.</p> <p>Assurez-vous qu'elle fait effectivement appel à des linguistes diplômés ayant la langue cible pour langue maternelle. Cela implique notamment une agence qui n'accepte qu'une seule langue cible par traducteur, car à de rares exceptions près, on n'a qu'une seule langue maternelle, donc une seule langue cible possible.</p> <p>Assurez-vous qu'elle vous propose des délais raisonnables : il est important qu'elle puisse vous fournir une traduction en temps voulu, mais que ce délai soit réaliste. Une agence qui vous promet 60 000 mots en 24h est une agence qui va découper votre texte en une vingtaine de traducteurs tous sous-payés, et zapper la phase de relecture et de mise en cohérence. Catastrophe garantie.</p> <p>Méfiez-vous de tout ce qui touche de près ou de loin à de la "Machine Translation", à ne pas confondre par Computer-Assisted Translation (ou Traduction Assistée par Ordinateur). Pour le dire vite, la "Machine Translation" (MT) est une traduction réalisée automatiquement par un logiciel (à la manière de Google Translate), éventuellement revue à la va-vite par un humain derrière pour corriger les plus grosses imperfections. C'est une technique qui donne des résultats médiocres, qui tente de compresser les coûts au maximum, le traducteur qui repasse derrière est généralement payé au tarif relecture, ce qui est insuffisant et l'amène à bâcler un travail de correction souvent énorme... le principe peut paraître séduisant sur le papier, il s'agit en réalité d'un très mauvais compromis. Méfiez-vous de toute agence qui propose ce genre de prestation car des linguistes sérieux se tiendraient à l'écart d'un tel concept.<br />La Traduction Assistée par Ordinateur (TAO, ou CAT en anglais), en revanche, est un tout autre concept : il s'agit pour le traducteur de travailler avec un logiciel spécialisé facilitant la traduction grâce à une interface optimisée pour les tâches, une auto-suggestion de certains mots-clés à l'aide de bases terminologiques, et éventuellement d'une suggestion de traduction pour un segment de texte ayant déjà été traduit par le passé. Ces logiciels s'appellement MemoQ, SDL Trados Studio ou encore DéjàVu. La traduction reste effectuée par un humain, qui en plus gagne du temps grâce à une interface pratique évitant par exemple d'avoir à interrompre le flot de traduction pour consulter un dictionnaire. Ces logiciels permettent par ailleurs de favoriser une bonne cohérence et une bonne centralisation des projets découpés entre plusieurs traducteurs.</p> <p> </p> <p><strong>À quoi dois-je faire attention lorsque je fais appel à un traducteur indépendant ?</strong></p> <p>Lorsque vous faites appel à un traducteur indépendant, il va de soi que la première chose à vérifier est son CV, qui vous renseignera sur l'essentiel de ce que vous devez savoir.</p> <p>Ainsi, vous pourrez par exemple y apprendre ses domaines de spécialité, si le texte est technique (aucun traducteur n'est spécialiste en tout, et si vous devez faire traduire une fiche de caractéristiques techniques pour un appareil médical, un spécialiste de la traduction de textes en sciences sociales ne vous sera d'aucune aide).</p> <p>Vous pourrez y apprendre quelles études il a fait, d'où lui vient sa prétention à être assez compétent en langues et en traduction pour en faire un métier, et si cette prétention tient la route ou non.</p> <p>Vous pourrez y apprendre le nombre d'années d'expérience dont il dispose. Avoir 2 mois, 2 ans ou 10 ans d'expérience, ça n'est pas la même chose. En fonction du type de projet, faire appel à un débutant peut être ou peut ne pas être acceptable.</p> <p>Vous devriez également pouvoir voir d'où il vient et où il réside, et connaître sa langue maternelle, qui doit correspondre à la langue vers laquelle vous souhaitez traduire votre texte (et en aucun cas la langue depuis laquelle vous souhaitez traduire). Si l'information n'apparaît pas, demandez-le lui.</p> <p>D'ailleurs, de manière générale et outre le CV, n'hésitez pas à poser certaines questions au traducteur si vous n'avez pas reçu spontanément l'information : qui sont ses anciens clients ? A-t-il des références ? Son tarif inclue-t-il une relecture par un confrère ou non ? Quel serait le délai pour la traduction du texte ? (Attention là encore, un délai trop court serait le signe d'un travail bâclé.) Le cas échéant, peut-il travailler le soir et/ou le week-end et si oui, de combien le prix serait majoré par rapport au reste de la semaine ?</p> <p> </p> <p> </p> <p><strong>Un dernier conseil pour choisir entre traducteur indépendant et agence ?</strong></p> <p>Mon conseil purement personnel, et qui n'engage que moi :</p> <p>- S'il s'agit d'un très gros projet, constitué d'un texte particulièrement long - par exemple un manuel d'utilisateur ou la localisation d'un gros jeu vidéo - faites appel à une agence compétente, qui pourra découper le travail en plusieurs traducteurs pour réduire les délais, fournir un ou des relecteurs, favoriser une bonne communication dans l'équipe pour un maximum de cohérence malgré les multiples linguistes, etc. S'il s'agit de faire traduire le texte vers plusieurs langues en une fois, là encore, faites appel à une agence, qui pourra fournir facilement des linguistes compétents dans chaque langue cible visée. Il est hors de question de faire traduire vers plusieurs langues par une seule personne. Si un traducteur indépendant vous propose une telle prestation, fuyez. De la part d'une agence en revanche, c'est parfaitement normal, et en centralisant le travail elle limitera la quantité de paperasse, communication, et autres complications liées au fait de travailler avec 8 freelancers en même temps.</p> <p>- S'il s'agit d'un texte plus court et/ou que vous avez besoin d'un rapport direct et privilégié avec le traducteur pour pouvoir discuter de détails plus facilement, dans une sorte de "ping pong", faites appel à un traducteur indépendant, car le surcoût et les délais d'une agence ne se justifient pas, et que le lien direct avec le traducteur garantis une traduction au plus proche de vos besoins et de vos attentes en terme de fidélité au texte original. S'il s'agit d'une collaboration de long terme (par ex. un contenu régulièrement mis à jour), là encore, privilégiez un traducteur indépendant : vous êtes sûr d'être toujours traduit par la même personne et donc de garder un style identique d'un bout à l'autre. Il serait fâcheux qu'au fur et à mesure des mises à jour et des linguistes différents qui passent sur vos textes, le tutoiement se mêle au vouvoiement sans aucune cohérence. C'est typiquement ce qu'un traducteur indépendant saura éviter. Pas forcément une agence.</p> <p> </p> <p>De manière générale, et toujours pour peu qu'on y mette le prix et qu'on fasse appel à des gens sérieux, les deux types d'entreprise se justifient. Il n'y a pas un modèle qui soit nettement supérieur à l'autre. Tout dépend de vos besoins et de vos préférences.</p> </div></div></div><div class="easy_social_box clearfix vertical easy_social_lang_fr"> <div class="easy_social-widget easy_social-widget-twitter first"><a href="http://twitter.com/share" class="twitter-share-button" data-url="http://www.gauthier-casimiro.fr/traduction-faire-appel-%C3%A0-un-ind%C3%A9pendant-ou-%C3%A0-une-agence" data-count="vertical" data-lang = "fr" data-via="@Midsommar_FR" data-related=":" data-text="Traduction : faire appel à un indépendant ou à une agence ?">Tweet</a></div> <div class="easy_social-widget easy_social-widget-facebook"><iframe src="//www.facebook.com/plugins/like.php?locale=fr_FR&amp;href=http%3A//www.gauthier-casimiro.fr/traduction-faire-appel-%25C3%25A0-un-ind%25C3%25A9pendant-ou-%25C3%25A0-une-agence&amp;send=false&amp;layout=box_count&amp;width=56&amp;show_faces=true&amp;action=like&amp;colorscheme=light&amp;font=&amp;height=90&amp;appId=" scrolling="no" frameborder="0" style="border:none; overflow:hidden; width:56px; height:90px;" allowTransparency="true"></iframe></div> <div class="easy_social-widget easy_social-widget-googleplus"><div class="g-plusone" data-size="tall" data-annotation="bubble" data-href="http://www.gauthier-casimiro.fr/traduction-faire-appel-%C3%A0-un-ind%C3%A9pendant-ou-%C3%A0-une-agence"></div></div> <div class="easy_social-widget easy_social-widget-linkedin last"><script type="in/share" data-url="http://www.gauthier-casimiro.fr/traduction-faire-appel-%C3%A0-un-ind%C3%A9pendant-ou-%C3%A0-une-agence" data-counter="top"></script></div> </div> <!-- /.easy_social_box --> Tue, 22 Sep 2015 13:58:00 +0000 Admin 11 at http://www.gauthier-casimiro.fr http://www.gauthier-casimiro.fr/traduction-faire-appel-%C3%A0-un-ind%C3%A9pendant-ou-%C3%A0-une-agence#comments Suède : l'extrême-droite au top ? Pas si vite ! http://www.gauthier-casimiro.fr/su%C3%A8de-lextr%C3%AAme-droite-au-top-pas-si-vite <div class="field field-name-body field-type-text-with-summary field-label-hidden"><div class="field-items"><div class="field-item even" property="content:encoded"><p>Ce 14 Septembre avaient lieu les élections générales en Suède : le même jour, on votait pour les législatives, les régionales et les municipales.</p> <p>Les résultats sont arrivés et je fais ce soir un pari : Dès demain, la presse française titrera unanimement sur la "montée de l'extrême droite en Suède", accréditant le cliché sur une Scandinavie en général, et une Suède en particulier, fondamentalement raciste et xénophobe.</p> <p>Il est vrai que les Sverige Demokraterna (SD) - ou Démocrates de Suède, peuvent être contents de leur score : avec 12,9% des suffrages exprimés, ils font plus que doubler leur score de 2010, et deviennent troisième parti de Suède. Toutefois, il faut aussi relativiser ce score : il ne représente globalement que la moitié de celui du FN en France aux dernières européennes, et si les SD sont le "troisième parti de Suède" à ces élections, le FN est bien le premier parti de France depuis les européennes. Il serait donc malvenu de la part des Français de prétendre donner des leçons aux Suédois en matière de tolérance.</p> <p>Ceci est d'autant plus vrai que si le FN a bien réussi sa "dédiabolisation", ils restent des amateurs à côté des Démocrates de Suède. Ces derniers sont passés, en 10 ans, de groupuscule fascisant infréquentable à "parti conservateur souverainiste". Lui qui était proche du FN de Jean-Marie Le Pen se veut aujourd'hui plus proche de l'UKIP Britannique - avec lequel il fait d'ailleurs groupe commun au Parlement Européen - ou du Parti Populaire danois (son modèle), que du FN, qu'il refuse désormais de fréquenter. Si son discours est assez anti-immigration, il n'est pas ouvertement xénophobe et se veut assez social-démocrate sur un certain nombre de points. Lors des récents débats politiques, son chef de parti, Jimmie Åkesson, n'a pas manqué de faire remarquer que les parlementaires de son groupe avaient régulièrement voté avec l'un ou l'autre groupe principal en Suède (bloc de gauche ou bloc de droite), faisant de son parti, selon lui, un parti "centriste".</p> <p>Qu'on ne se méprenne pas : le parti reste fondamentalement conservateur, voire réactionnaire, et assez nationaliste. Du reste, si ses cadres montrent un visage modéré (encore qu'on ait observé quelques scandales de violence raciste de la part de certains de ses cadres ces dernières années), sa base reste beaucoup plus proche d'une philosophie d'extrême-droite assumée. Mais ça marche... ce parti a effectivement frôlé les 13%.</p> <p> </p> <p>Là où ça devient intéressant, c'est que cela place le parti dans la position de faiseur de rois ! En effet, le résultat principal de ces élections, c'est qu'aucune coalition n'a de majorité pour gouverner ! Si la situation s'était déjà présentée lors des élections de 2010, la droite était si proche de la majorité absolue qu'elle a pu gouverner, avec l'appui de quelques membres du centre-gauche ou de l'extrême-droite, au cas par cas. Mais cette fois, la gauche est à 17 députés de la majorité absolue, et la droite en est bien plus loin encore. Il apparaît très compliqué, pour l'alliance de gauche (Sociaux-démocrates, Verts et Parti de Gauche), de prétendre diriger seuls le pays.</p> <p>Et c'est là que j'ai envie de dire... "je vous l'avais bien dit !" - en 2012, dans mon Mémoire de Master 1, j'écrivais :</p> <blockquote><p>Plus grave encore pour le système proportionnel et pour la Suède, il arrive qu'une coalition ne suffise pas à fonder une majorité. En effet, le fait que les gouvernements suédois soient minoritaires ne signifie pas forcément que plus de 50 % des députés sont dans l'opposition : les partis peuvent être alliés sans prendre part au Gouvernement. Toutefois, il est aussi possible qu'aucune des grandes coalitions ne réunisse 50 % des voix, si l'on a des partis n'appartenant à aucune coalition. (...) les dernières élections suédoises ont montré que même une large coalition pouvait ne pas suffire à obtenir 50 % des voix. Et si cela n'a pas donné lieu à un blocage massif en Suède, il est des exemples de pays où les choses sont plus compliquées. (...) La législature actuelle fonctionne convenablement et n'a pas mené à un véritable blocage institutionnel, mais qu'en serait-il si l'éclatement des voix était tel que l'Alliansen aurait besoin de l'appui des sociaux-démocrates pour gouverner, ou que les Rödgröna avaient besoin de l'appui des Modérés ? Si, en particulier, les SverigeDemokraterna continuent de monter sans qu'aucun des grands blocs ne souhaite travailler avec, la question finira par se poser sérieusement.</p> </blockquote> <p>Aujourd'hui, on y est. Avec un parti populiste à 12,9% et 49 députés (sur 349), et un "gagnant" (le bloc de gauche) avec une majorité relative de 43.8% (ou 43,7%, les résultats n'étant pas encore tout à fait clairs et définitifs au moment où j'écris ces lignes), la chose paraît compliquée. Comment monter une majorité dans ces circonstances ? En fait, il y a plusieurs hypothèses, mais elles posent toutes des problèmes :</p> <ul><li>Commençons par le commencement : il est inimaginable, pour quelque groupe que ce soit, de travailler avec les Démocrates de Suède. Ce n'est pas ce parti qui s'y refuse, ce sont les groupes politiques - y compris celui de droite qui pourrait pourtant alors devenir majoritaire - qui ne veulent pas en entendre parler. La comparaison entre la Suède et le Danemark a donc ses limites.</li> <li>Il est peu probable qu'on observe une grande alliance "à l'Allemande", entre sociaux-démocrates et Modérés. Comme le font remarquer les analystes politiques, il a fallu une guerre mondiale pour que ces deux partis arrivent à travailler ensemble au sein d'un gouvernement, et il faudra sans doute encore quelque chose d'aussi grave avant qu'ils s'y décident à nouveau. La culture du compromis aussi a ses limites.</li> <li>Il serait théoriquement possible au bloc de gauche d'obtenir une majorité absolue en obtenant l'appui d'un parti de centre-droit, normalement affilié au bloc de droite, tel que le Centerpartiet (Parti du Centre) ou le Folkpartiet (Parti du Peuple - Les Libéraux), mais ces partis ont pour l'instant exclu cette hypothèse. Du reste, si un de ces partis devait rejoindre les sociaux-démocrates, il y a fort à parier que le Parti de Gauche refuserait de participer à une telle alliance et aille dès lors siéger dans l'opposition, ce qui ramènerait au point de départ : comment obtenir 50% des voix ?</li> <li>Il est possible que les sociaux-démocrates tentent de bâtir un gouvernement minoritaire avec leurs alliés de gauche, espérant pouvoir obtenir, au cas par cas, suffisamment de votes dissidents des partis d'opposition pour maintenir cahin-caha une majorité au parlement pour passer leurs lois. Mais le pari est risqué. Du reste, le danger est d'obtenir, malgré eux, l'appui principal des Démocrates de Suède, dont le programme de société est très conservateur mais dont les idées économiques sont plutôt classables à gauche. Du point de vue de l'image, "gouverner avec l'appui de l'extrême-droite", cela risque de créer des dommages irréparables à la coalition de gauche.</li> <li>Enfin, reste toujours l'hypothèse éventuelle d'un nouveau vote... mais on n'en est pas là. Et nul ne peut prédire les résultats qui sortiraient alors des urnes.</li> </ul><p> </p> <p>C'est la situation que j'avais prédit dès 2012 et le système proportionnel suédois montre là ses limites. On se demande bien ce qui va résulter de ces résultats électoraux et il est bien difficile de dire qui est le grand gagnant du scrutin. En tout état de cause, on peut prédire sans trop de risque de se tromper que les tractations vont aller bon train en Suède dans les jours ou les semaines à venir entre partis politiques, même si ce qui en ressortira reste plus que flou, ce qu'ont souligné tous les commentateurs politiques en Suède ce soir à la télévision, et la plupart des hommes et femmes politiques eux-même d'ailleurs.</p> <p>Mais tout cela sera intéressant à observer. Bien plus intéressant, en tout cas, que la dépêche lénifiante de l'AFP qui ne manquera pas de tomber demain matin avec un titre de l'ordre de "Elections - l'extrême-droite à un niveau historique en Suède" (on parie ?)</p> </div></div></div><div class="easy_social_box clearfix vertical easy_social_lang_fr"> <div class="easy_social-widget easy_social-widget-twitter first"><a href="http://twitter.com/share" class="twitter-share-button" data-url="http://www.gauthier-casimiro.fr/su%C3%A8de-lextr%C3%AAme-droite-au-top-pas-si-vite" data-count="vertical" data-lang = "fr" data-via="@Midsommar_FR" data-related=":" data-text="Suède : l'extrême-droite au top ? Pas si vite !">Tweet</a></div> <div class="easy_social-widget easy_social-widget-facebook"><iframe src="//www.facebook.com/plugins/like.php?locale=fr_FR&amp;href=http%3A//www.gauthier-casimiro.fr/su%25C3%25A8de-lextr%25C3%25AAme-droite-au-top-pas-si-vite&amp;send=false&amp;layout=box_count&amp;width=56&amp;show_faces=true&amp;action=like&amp;colorscheme=light&amp;font=&amp;height=90&amp;appId=" scrolling="no" frameborder="0" style="border:none; overflow:hidden; width:56px; height:90px;" allowTransparency="true"></iframe></div> <div class="easy_social-widget easy_social-widget-googleplus"><div class="g-plusone" data-size="tall" data-annotation="bubble" data-href="http://www.gauthier-casimiro.fr/su%C3%A8de-lextr%C3%AAme-droite-au-top-pas-si-vite"></div></div> <div class="easy_social-widget easy_social-widget-linkedin last"><script type="in/share" data-url="http://www.gauthier-casimiro.fr/su%C3%A8de-lextr%C3%AAme-droite-au-top-pas-si-vite" data-counter="top"></script></div> </div> <!-- /.easy_social_box --> Mon, 15 Sep 2014 01:02:46 +0000 Admin 10 at http://www.gauthier-casimiro.fr http://www.gauthier-casimiro.fr/su%C3%A8de-lextr%C3%AAme-droite-au-top-pas-si-vite#comments Midsommar (la fête, pas l'entreprise) http://www.gauthier-casimiro.fr/midsommar-la-f%C3%AAte-pas-lentreprise <div class="field field-name-body field-type-text-with-summary field-label-hidden"><div class="field-items"><div class="field-item even" property="content:encoded"><p>Le 21 juin, c'est le solstice d'été, ou Midsommar, comme disent les suédois. Ca y est, vous avez compris le nom de cette entreprise. C'est aussi simple que ça.</p> <p>En Suède, Midsommar est vraiment l'un des moments les plus forts de l'année. Avec Noël, c'est probablement la fête la plus importante. Elle fête le début de l'été, le jour le plus long, la présence de lumière... tout ce que les suédois apprécient et tout ce dont ils ont tendance à manquer. C'est une fête familiale, d'extérieur, pleine de fleurs et de verdure, une célébration de la nature autant que d'une certaine joie de vivre, qui se fera moins nette pendant l'hiver (les suédois étant très sensibles au passage des saisons, très marquées dans ce pays).</p> <p>En réalité, si Midsommar correspond au solstice d'été, la vraie fête est celle du "réveillon de Midsommar", ou Midsommarafton, que l'on fête donc ce soir, le 20 juin. A l'heure où je vous parle, nombre de suédois sont dehors à faire la fête, à bien manger et bien boire - car les suédois ne lésinent pas sur la boisson - pendant que d'autres dansent autour d'un mat de Midsommar (midsommarstång), superbement décoré.</p> <p><img src="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/0/04/Midsommar_p%C3%A5_%C3%85rsn%C3%A4s.png/1024px-Midsommar_p%C3%A5_%C3%85rsn%C3%A4s.png" alt="Midsommarstång" height="340" width="512" /></p> <p>(source: Wikimedia Commons)</p> <p> </p> <p>Ce soir, dans une petite partie de la Suède, le soleil ne se couchera pas. C'est le soleil de minuit. Mais dans une partie beaucoup plus large de la Suède, même si le soleil se couchera, il ne cessera jamais totalement de faire jour... la lumière du crépuscule du soir s'enchaîne avec l'aurore du matin, sans qu'à aucun moment il ne fasse vraiment nuit.</p> <p>Une occasion en or de faire la fête jusque très tard, et même toute la nuit, en famille ou entre amis.</p> <p><strong>Midsommar</strong>, c'est tout ça. C'est un moment de célébration unique, et une joie de vivre assez incroyable qui se dégage.</p> <p>Vive Midsommar !</p> </div></div></div><div class="easy_social_box clearfix vertical easy_social_lang_fr"> <div class="easy_social-widget easy_social-widget-twitter first"><a href="http://twitter.com/share" class="twitter-share-button" data-url="http://www.gauthier-casimiro.fr/midsommar-la-f%C3%AAte-pas-lentreprise" data-count="vertical" data-lang = "fr" data-via="@Midsommar_FR" data-related=":" data-text="Midsommar (la fête, pas l'entreprise)">Tweet</a></div> <div class="easy_social-widget easy_social-widget-facebook"><iframe src="//www.facebook.com/plugins/like.php?locale=fr_FR&amp;href=http%3A//www.gauthier-casimiro.fr/midsommar-la-f%25C3%25AAte-pas-lentreprise&amp;send=false&amp;layout=box_count&amp;width=56&amp;show_faces=true&amp;action=like&amp;colorscheme=light&amp;font=&amp;height=90&amp;appId=" scrolling="no" frameborder="0" style="border:none; overflow:hidden; width:56px; height:90px;" allowTransparency="true"></iframe></div> <div class="easy_social-widget easy_social-widget-googleplus"><div class="g-plusone" data-size="tall" data-annotation="bubble" data-href="http://www.gauthier-casimiro.fr/midsommar-la-f%C3%AAte-pas-lentreprise"></div></div> <div class="easy_social-widget easy_social-widget-linkedin last"><script type="in/share" data-url="http://www.gauthier-casimiro.fr/midsommar-la-f%C3%AAte-pas-lentreprise" data-counter="top"></script></div> </div> <!-- /.easy_social_box --> Fri, 20 Jun 2014 20:16:29 +0000 Admin 9 at http://www.gauthier-casimiro.fr http://www.gauthier-casimiro.fr/midsommar-la-f%C3%AAte-pas-lentreprise#comments Qu'est-ce qui fait une bonne traduction ? http://www.gauthier-casimiro.fr/quest-ce-qui-fait-une-bonne-traduction <div class="field field-name-body field-type-text-with-summary field-label-hidden"><div class="field-items"><div class="field-item even" property="content:encoded"><p>La réponse est assez évidente pour les traducteurs professionnels, mais la plupart des gens ne se la sont jamais posée. En premier lieu, ceux qui font appel aux services d'un traducteur, souvent, ignorent ce qu'ils doivent rechercher chez un traducteur pour obtenir un résultat de qualité. Quelque part, cela est compréhensible : ils ne sont pas traducteurs eux-même ni même, en général, pas spécialement versé dans le domaine linguistique. Reste qu'il est intéressant de savoir comment reconnaître un bon traducteur d'un mauvais, comment sélectionner un traducteur, et à quoi veiller en particulier.</p> <p><strong>Le prix :</strong></p> <p>Commençons par ce qui fâche, et parlons finances. Oui, un bon traducteur coûte un peu d'argent. Non, celui qui accepte de traduire pour 1 centime par mot source n'est probablement pas un bon traducteur. Un véritable traducteur professionnel a des frais, mais aussi des charges et des impôts (vu qu'il ne travaille pas au noir), il a aussi un certain niveau d'étude et parfois une certaine expérience professionnelle qui l'amèneront à refuser de travailler au SMIC. Entre ses frais, ses charges, son désir de gagner convenablement sa vie et le fait qu'il doive passer parfois beaucoup de temps à chercher de nouveaux contrats, temps qui ne lui est pas payé, un bon traducteur coûte cher. Si l'on refuse de payer cher, on se retrouvera probablement avec du mauvais travail. Au mieux celui d'un étudiant en langue bossant au noir entre ses heures de cours pour arrondir les fins de mois. Au pire un travailleur issu d'un pays émergent, au français douteux et n'ayant aucune méthodologie de traduction, voire, dans les cas extrêmes, un texte passé sous Reverso ou Google Translate.</p> <p>Si vous cherchez un traducteur à pas-cher, et que la qualité du travail ne vous importe pas, alors oui, bien-sûr, vous trouverez des gens disposés à traduire votre site internet pour 20€ tout compris. Mais il n'y a pas de miracles à ce prix et honnêtement, dans ce cas, autant économiser les 20€ et passer votre site à Google Translate vous-même : le résultat sera le même ou peu s'en faut.</p> <p>Sinon, si vous cherchez de la qualité, mettez-y le prix (si c'est pas cher, il y a une raison...), et lisez ce qui suit, ensuite, pour savoir sur quels points être spécialement attentif :</p> <p><strong>L'exactitude de la traduction.</strong></p> <p>Ça devrait aller sans dire ! Et pourtant...</p> <p>Je ne compte pas le nombre d'erreurs que je vois, tous les jours, sur des traductions pourtant à gros budget, censées être très professionnelles... dialogues de films, séries, jeux vidéos.. .Sites internet de sociétés à vocation européenne voire mondiale... certaines traductions sont objectivement plutôt bonnes, mais contiennent occasionnellement des erreurs énormes (La traduction des Simpsons est coûtumière du fait). Il existe même des fautes tellement communes qu'elles sont en train de passer dans le langage courant, surtout depuis l'anglais... "Digital" (anglais) traduit en "Digital" (français)... non non et non ! "Digital", en français, c'est ce qui a trait aux doigts, comme les empreintes digitales. Pour la technologie à base de 0 et de 1, en français, le mot qui convient est "numérique" ! Un peu moins courant, mais ô combien horripilant, vous avez les bons vieux faux amis anglais... "eventually" traduit en "éventuellement" (la traduction qui convient serait plutôt "finalement", "au final", "à la fin" ou quelque chose du genre), "actually" traduit par "actuellement" (la traduciton qui convient serait plutôt "en réalité" ou "réellement" ou encore "En fait", selon le contexte)... Vous avez également "holiday", au singulier, traduit un peu trop systématiquement par "vacance" quand, en général, utilisé ainsi au singulier, il correspond plutôt à ce que l'on appelle chez nous un "jour férié" ou "intoxicated" utilisé pour une personne qui a trop bu et qui est trop souvent traduit par "intoxiqué" quand le terme qui conviendrait serait plutôt "ivre"... les exemples ne manquent pas.</p> <p>Les erreurs de traduction de faux amis sont courantes, surtout depuis l'anglais. Les erreurs de traductions d'expressions idiomatiques également : non, "it doesn't make sense" ne se traduit pas par "cela ne fait pas sens". L'expression consacrée, en français, est "cela n'a aucun sens" (ou carrément "c'est débile ce que tu dis", encore une fois, tout dépend du contexte...).</p> <p>Mais même depuis d'autres langues qui contaminent moins directement la nôtre, il est des erreurs qui peuvent être assez fréquentes. Il m'est un peu plus difficile de parler du suédois dans la mesure où je maîtrise un peu moins bien cette langue que l'anglais, et où de surcroît les traductions depuis le suédois sont souvent faites par un petit nombre de traducteurs extrêmement compétents, mais des erreurs peuvent parfois se glisser devant certaines difficultés : par exemple, les termes jämställdhet et jämlikhet pourront être parfois traduit indifféremment par "égalité". Pourtant, jämställdhet est un terme spécifique qui renvoie à un mot français particulier : "parité". Traduire "jämställdhet" par "égalité" est donc, souvent, une erreur, ou en tout cas, un choix pas tout à fait optimal. Autre erreur type, plus souvent rencontrée dans la presse, la traduction des noms propres : il faut choisir ! Soit on utilise la traduction française, lorsqu'elle existe, soit on utilise la version suédoise. Mais quand je lis que quelque chose s'est passé à "Gothenburg", mes poils se hérissent... La ville s'appelle "Göteborg" en suédois, et "Gothembourg" en français. Il n'existe aucune raison valable d'utiliser la graphie "Gothenburg", qui est anglo-saxonne, en français. Ça reviendrait à dire "ah hier j'ai été en Germany"... ça n'est pas très sérieux !</p> <p> </p> <p>Tout cela pour dire que malheureusement, l'exactitude, en traduction, tient peut-être plus de l'exception que de la règle, ou qu'en tout cas, des erreurs évidentes de traduction sont encore courantes. Par conséquent, ne prenez pas cela pour acquis : oui, il faut faire appel à un traducteur très compétent, capable de traduire avec exactitude, sans se mêlanger les pinceaux, sans tomber dans le piège des faux amis et qui sache remplacer une expression idiomatique par une autre. Ce n'est pas systématique même chez les professionnels expérimentés, et encore moins chez les traducteurs "en dilettante", voire chez ceux qui sont convaincus que comprendre à peu près l'anglais (ou l'allemand ou autre) suffit à savoir le traduire. C'est donc un point sur lequel il convient, encore aujourd'hui et même en faisant appel à un pro, d'être vigilant.</p> <p> </p> <p><strong>Le "naturel" et la fluidité du texte traduit.</strong></p> <p>Il s'agit là de la capacité, pour le traducteur, de garder le fond intact, mais de modifier la forme pour l'adapter à la langue cible. Je m'explique :</p> <p>Chaque langue a une syntaxe et même, plus globalement, une façon de formuler les choses qui lui est propre. Sans même parler de traduction "mot à mot" (le célèbre "how old are you" qui, mot à mot, se traduit en "comment vieux es-tu"), chaque langue a une façon habituelle d'exprimer les choses qui paraîtra tout à fait contre-intuitive dans d'autres langues. Cela peut concerner le choix des mots comme l'ordre de ceux-ci. Quelques exemples pour mieux comprendre.</p> <p>"When I was a child..." - certes, on peut le traduire par "Quand j'étais un enfant" ou "Quand j'étais enfant". Techniquement, ça n'est pas faux, ni du point de vue du sens, ni d'un point de vue grammatical ou syntaxique. Mais ça n'est pas très usité en français. Spontanément, personne ne dit "Quand j'étais un enfant je voulais devenir policier." Nous dirons plutôt "Quand j'étais petit je voulais devenir policier". Il convient donc, sauf cas particulier, d'utiliser la tournure normalement usitée en français, afin que le texte semble plus naturel, plus français.</p> <p>Même chose avec les proverbes, dictons et autres aphorismes. En anglais, un idcton veut que "a penny saved is a penny earned". Un premier niveau de traduction, très proche de l'original, serait "un penny économisé est un penny gagné". Un deuxième niveau de traduction, plus adapté à un public français, serait "un cent économisé est un cent gagné"... mais en réalité, à moins de vouloir garder un côté volontairement britannique pour faire "authentique", autant utiliser directement le dicton français qui s'en rapproche le plus : "Il n'y a pas de petite économie".</p> <p>Autre exemple, cette fois jouant sur la syntaxe, pris d'un article sur un jeu vidéo dans Wikipedia anglophone : "Scattered across the tracks are blue and red boost icons. When touched these icons allow the player who touched them to boost." Littéralement, si l'on respecte scrupuleusement la syntaxe anglophone, cela donne "Éparpillées sur les pistes sont présentes des icônes de boost bleues et rouges. Lorsque touchées (ou "Lorsqu'elles sont touchées"), ces icônes permettent au joueur qui les a touché d'accélérer." - Mais vous m'accorderez que tout cela, même si ça reste compréhensible, ne sonne pas très français. Il faut donc réécrire ces deux phrases, par exemple de la manière suivante : "Des icônes de boost bleues et rouges sont éparpillées sur les différentes pistes. Lorsque le joueur en touche une, celle-ci lui permet d'accélérer" (ou "Le joueur qui en touche une gagne un bonus d'accélération", ou un mélange des deux).</p> <p>Même chose depuis le suédois, qui s'éloigne un peu plus encore du français et qui nécessite d'autant plus souvent de réécrire les phrases. Reprenons un exemple issu de Wikipedia, cette fois sur une célèbre entreprise d'informatique : "Till en början funderade grundarna på att ge det nystartade företaget namnet <em>Moore &amp; Noyce Electronics</em> men skippade det på grund av att det skulle kunna misstolkas för <em>More Noise</em> (= mer oljud), därför fick det istället bli Intel." Une traduction trop proche du texte donnerait ceci : "Au début, les fondateurs décidèrent de donner à l'entreprise nouvellement lancée le nom Moore &amp; Noyce Electronics mais ils l'abandonnèrent parce qu'il pourrait être confondu avec "More Noise" (= plus de bruit), par conséquent il devint à la place Intel" - c'est compréhensible, mais là encore, en français, cela ne sonne pas très naturel. On reformulera donc plus volontiers en "Les fondateurs avaient d'abord opté pour le nom de "Moore &amp; Noyce Electronics" pour leur jeune entreprise. Toutefois, ce nom risquait d'être compris comme "More Noise" (plus de bruit) : ils abandonnèrent donc leur première idée au profit de la marque Intel."</p> <p>D'autres cas nécessitent une réécriture particulière. Par exemple, les suédois n'ont aucun soucis avec les répétitions au sein d'un texte. Il est tout à fait permis, en suédois, de dire "L'homme cherchait son chapeau. Mais son chapeau était introuvable. Il chercha longuement son chapeau, et finit par le retrouver dans l'armoire à chapeaux." Un mauvais traducteur gardera la formulation telle quelle. Un bon traducteur se souviendra que les répétitions sont à éviter en français, et cherchera des synonymes. Il écrira donc par exemple "L'homme cherchait son chapeau. Mais le couvre-chef demeurait introuvable. Il chercha longuement le vêtement, et finit par le retrouver dans l'armoire à chapeaux."</p> <p> </p> <p>Tout cela pour dire que remplacer les mots et la grammaire d'une langue par les mots et la grammaire d'une autre langue ne suffit pas à faire une bonne traduction. Il faut parfois réécrire les phrases. Cela tient au fait que chaque langue a sa propre logique, sa propre façon de construire et de véhiculer des idées. Traduire, ça n'est pas seulement adapter les mots : c'est aussi adapter les constructions. À moins d'avoir une raison de vouloir faire "authentique", les spécificités de la langue source doivent rester dans la langue source. La langue cible a ses propres spécificités qu'il convient d'utiliser. Cela rends la lecture plus aisée, plus fluide, plus naturelle. Cela donne l'impression que le texte est réellement écrit en français, voire qu'il l'a toujours été. Lorsqu'on "devine" la langue source derrière un texte en français, c'est souvent qu'un traducteur a mal fait son travail.</p> <p>Si cela peut éventuellement parfois se justifier dans une traduction littéraire, il n'y a aucune raison de trouver des calques dans un texte technique, documentaire, juridique ou autre. Sur un texte commercial (par exemple un site web d'entreprise), une traduction de ce type est même carrément suicidaire, puisque le message que cela envoie aux clients est "on est une entreprise étrangère qui ne dispose pas d'une véritable équipe en France, donc en cas de problème, vous serez obligé de vous débrouiller avec des étrangers, potentiellement à l'autre bout du continent" - ça n'inspire pas vraiment confiance à un client que de voir que l'entreprise ne parle pas vraiment sa langue.</p> <p> </p> <p><strong>La qualité du français.</strong></p> <p>Hé oui, il faut aussi en parler ! Une traduction pourra être exacte et écrite dans un français on ne peut plus naturel, si le texte final est bourré de fautes d'orthographe, de syntaxe, de grammaire, que le niveau de langue choisi est inapproprié ou que simplement, le traducteur manque de vocabulaire et ne trouve pas les meilleures formulations, le résultat ne sera pas terrible. Être un bon traducteur, c'est aussi être un bon écrivain. Cela est particulièrement vrai dans le domaine de la traduction littéraire, mais pas seulement. Même pour une traduction commerciale, le choix des mots et des expressions ainsi que l'absence de fautes va jouer un rôle considérable sur la crédibilité de l'entreprise.</p> <p>Vous venez en effet de lire un paragraphe que j'ai, me semble-t-il, convenablement écrit. Et vous y avez, apparemment, porté une certaine attention. Comment auriez-vous réagi, maintenant, si je l'avais rédigé ainsi ?</p> <p><em>Ben oui faut en parler aussi. Même si la traduction est exacte et même si la traduction est écrite en français qui a l'air naturel, si elle contené des faute d'orthographes ou des faute de grammaires ou des faute de syntaxes ou que tu as choisi pas le bon niveau de langue ou que le traducteur ne connait pas assez de mot ou ne trouva pas les bonnes façons de dire ce sera pas terrible. Pour être un bon traducteur il faut savoir écrire. C'est surtout vrai en traduction de littérature mais c'est aussi vrai pour une traduction commerciales où que choisir les mots et choisir les expressions et pas faire de fautes est important pour que l'entreprise a l'air sérieuse.</em></p> <p>Évidemment, j'exagère là : aucun traducteur un tant soit peu sérieux ne vous rendra un texte pareil (du moins je l'espère) mais vous comprenez l'enjeu : le paragraphe réécrit ci-dessus veut dire la même chose que sa formulation originale, mais il est... mal écrit. Il contient des fautes de grammaire, des fautes stylistique, et sa formulation est naïve et en partie incorrecte. Savoir transformer un texte d'une langue à l'autre n'est tout à fait faisable que si l'on parle à la perfection la langue cible. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle, en général, on traduit vers sa langue maternelle, à moins d'avoir un niveau vraiment exceptionnel dans l'autre langue. Et c'est la raison pour laquelle Midsommar Traductions ne propose pas de traductions <em>vers</em> le suédois, ni même de traductions complètes <em>vers</em> l'anglais : je ne maîtrise tout simplement pas assez ces langues, lorsqu'il s'agit de les écrire, pour prétendre les avoir pour langue cible.</p> <p>Mais attention : s'il est vrai qu'avoir la langue cible pour langue maternelle est un gros avantage, ça n'est pas suffisant. On sait tous que nombre de français n'écrivent pas correctement le français. Et même ceux qui l'écrivent sans faute d'orthographe n'ont pas forcément un style suffisamment développé, ou percutant, ou travaillé, pour écrire de beaux textes. Or, traduire, c'est aussi écrire de beaux textes. Encore une fois, c'est tout particulièrement le cas en traduction dite littéraire, mais c'est aussi le cas lorsque l'on veut traduire par exemple un texte publicitaire.</p> <p>Il faut par ailleurs savoir utiliser, dans certains types de texte, les formulations "typiques", adaptées au français. Mettons, par exemple, que vous avez besoin de faire traduire un extrait des lois pénales néo-zélandaises à destination d'un magistrat français - par exemple l'abandon d'un enfant de moins de six ans, il est sans doute préférable que la traduction reprenne la formulation du Code Pénal français. Ainsi, on ne traduira pas "Every one is liable to imprisonment for a term not exceeding 7 years who unlawfully abandons or exposes any child under the age of 6 years." par "Toute personne est passible d'emprisonnement pour une durée maximale de 7 ans lorsqu'il abandonne ou délaisse illégalement un enfant de moins de six ans", mais plutôt par le plus typiquement français "Le fait, pour toute personne, d'abandonner ou de délaisser illégalement un mineur de six ans est puni de sept ans d'emprisonnement" ou "L'abandon ou le délaissement, par toute personne, d'un mineur de six ans est puni de 7 ans d'emprisonnement." Ainsi, on garde une formulation équivalente à celle qui a habituellement cours dans le Code Pénal français.</p> <p>Savoir faire ce genre d'exercice peut être utile, par exemple, lorsque l'on fait de la veille juridique, et notamment au niveau international ; je pense là à un traducteur qui travaillerait pour le Parlement Européen ou pour la Commission Européenne.</p> <p><br />Il est donc nécessaire de choisir un traducteur qui écrive non-seulement un français impeccable, sans faute d'aucune sorte, mais qui en plus ait du style et écrive dans un "beau" français (et pas seulement dans un français correct). Et pour peu qu'il s'agisse d'une traduction dans un domaine très spécialisé (technique, juridique, etc.) il est nécessaire de faire appel à un traducteur... spécialisé, justement ; c'est à dire une personne qui maîtrise les formulations et le jargon spécifique de ce domaine, plutôt que d'opter pour un traducteur généraliste qui optera pour des termes et des formulations généralistes et donc potentiellement imprécises.</p> <p> </p> <p><strong>Traducteur ou interprète ? Qui dois-je engager ?<br /></strong></p> <p>Ah l'éternelle question... "traducteur ou interprète", peu de gens connaissent la différence, alors qu'elle est finalement très simple : le traducteur travaille à l'écrit, l'interprète à l'oral. Le traducteur reformule, dans une autre langue, un texte. L'interprète reformule, dans une autre langue, un propos qui vient d'être prononcé ou, pour les interprètes simultanés (ces surhommes...), qui est en train d'être prononcé. Ça n'est pas le même métier, ça ne demande pas les mêmes compétences (on ne demande pas à un interprète de faire du "beau" français par exemple, mais de tout comprendre du premier coup, alors que le traducteur est obligé de bien écrire, mais peut relire le texte original autant de fois qu'il le veut), à vous donc de voir si vous avez besoin d'un traducteur ou d'un interprète.</p> <p> </p> <p><strong>En conclusion :</strong></p> <p>En conclusion, un traducteur est une personne qui maîtrise très bien la langue source (la langue du texte que l'on souhaite traduire) et encore mieux la langue cible (la langue dans laquelle le texte sera traduit). Pour faire une bonne traduction, il a besoin de comprendre parfaitement le texte d'origine, mais aussi de savoir parfaitement formuler les mêmes idées dans la langue cible, ce qui ne va pas de soi. Une bonne traduction est donc une traduction qui soit exacte (c'est à la fois évident, et difficile), qui soit fidèle dans les idées mais pas dans la formulation (afin que le texte soit fluide et naturel dans la langue cible), et écrite dans une langue cible irréprochable, maîtrisée à la perfection, si possible par quelqu'un dont c'est la langue maternelle et qui en plus soit très à l'aise à l'écrit.</p> <p>Une bonne traduction nécessite beaucoup de compétences : c'est un exercice difficile, qui prends du temps, qui demande de nombreuses années d'études (parler les deux langues ne suffit pas). Cela doit être fait par des gens compétents, à qui l'on doit laisser un temps suffisant pour faire le travail, se relire, se corriger, se re-relire, et ainsi de suite. Il faut donc laisser au traducteur un temps suffisant... et se méfier des traducteurs qui prétendent vous traduire 25 pages en 24 heures. Et plus les deux langues qui constituent la paire sont éloignée linguistiquement l'une de l'autre, plus la traduction prends du temps (traduire du danois au norvégien va très vite... traduire du japonais au français beaucoup moins). Il faut aussi accepter d'y mettre le prix car un traducteur "hard discount" ne vous apportera probablement pas ce qui définit une bonne traduction, et que s'il est pas cher, c'est probablement parce qu'il n'est pas bon donc pas très demandé, ou parce qu'il se "paye" sur vous en bâclant le travail.</p> <p> </p> <p>Payez convenablement vos traducteurs, donnez-leur un délai raisonnable... et relisez ou faites relire (si vous avez fait traduire vers une langue que vous ne parlez pas) le texte qu'ils vous envoient pour vérifier que le résultat est à la hauteur, au moins pour ce qui concerne la langue cible. A partir des éléments ci-dessus, vous avez en effet les clés pour juger de la qualité de son travail.</p> <p>Maintenant, si vous en trouvez un bon, un qui respecte tous les éléments vus plus haut... ne le lâchez pas, car vous n'êtes pas sûr d'en retrouver un du même niveau. Comme je l'ai dit plus haut, même les traductions à gros budget produites par des professionnels contiennent souvent des erreurs significatives. Alors, quand vous en trouvez un qui vous épargne ces erreurs et vous fournit de vraies bonnes traductions, faites ce qui est en votre pouvoir pour le garder : un travail de merde, c'est 20€ et 10 minutes sous Google Translate... mais une traduction de qualité, ça n'a pas de prix.</p> </div></div></div><div class="easy_social_box clearfix vertical easy_social_lang_fr"> <div class="easy_social-widget easy_social-widget-twitter first"><a href="http://twitter.com/share" class="twitter-share-button" data-url="http://www.gauthier-casimiro.fr/quest-ce-qui-fait-une-bonne-traduction" data-count="vertical" data-lang = "fr" data-via="@Midsommar_FR" data-related=":" data-text="Qu'est-ce qui fait une bonne traduction ?">Tweet</a></div> <div class="easy_social-widget easy_social-widget-facebook"><iframe src="//www.facebook.com/plugins/like.php?locale=fr_FR&amp;href=http%3A//www.gauthier-casimiro.fr/quest-ce-qui-fait-une-bonne-traduction&amp;send=false&amp;layout=box_count&amp;width=56&amp;show_faces=true&amp;action=like&amp;colorscheme=light&amp;font=&amp;height=90&amp;appId=" scrolling="no" frameborder="0" style="border:none; overflow:hidden; width:56px; height:90px;" allowTransparency="true"></iframe></div> <div class="easy_social-widget easy_social-widget-googleplus"><div class="g-plusone" data-size="tall" data-annotation="bubble" data-href="http://www.gauthier-casimiro.fr/quest-ce-qui-fait-une-bonne-traduction"></div></div> <div class="easy_social-widget easy_social-widget-linkedin last"><script type="in/share" data-url="http://www.gauthier-casimiro.fr/quest-ce-qui-fait-une-bonne-traduction" data-counter="top"></script></div> </div> <!-- /.easy_social_box --> Sun, 10 Nov 2013 02:43:01 +0000 Admin 8 at http://www.gauthier-casimiro.fr http://www.gauthier-casimiro.fr/quest-ce-qui-fait-une-bonne-traduction#comments Exemple de maljournalisme sur la Suède : le logement en Suède selon Rue89 http://www.gauthier-casimiro.fr/exemple-de-maljournalisme-sur-la-su%C3%A8de-le-logement-en-su%C3%A8de-selon-rue89 <div class="field field-name-body field-type-text-with-summary field-label-hidden"><div class="field-items"><div class="field-item even" property="content:encoded"><p>Je suis récemment tombé sur <a href="http://www.rue89.com/2013/09/20/suede-modele-social-laissez-raconter-lenfer-locataire-245887" title="Rue89">cet article de Rue89</a> sur la situation du logement locatif en Suède. C'est pour moi un exemple frappant de maljournalisme, et un article qui me conforte dans l'idée que les rédactions françaises devraient vraiment faire appel à des spécialistes - ou à tout le moins des gens compétents - des pays nordiques (genre votre serviteur, hein, à tout hasard), plutôt que d'écrire n'importe quoi.</p> <p>Cet article n'a pas été écrit par un journaliste, mais il a été validé par la rédaction de Rue89. Il est d'une médiocrité telle qu'il est difficile de tout relever. Le sujet est pourtant intéressant : le modèle social suédois, nous dit-on, et la situation du parc locatif en Suède - qui est effectivement délicate, surtout dans certaines grandes villes.</p> <p>Pour mieux comprendre le fonctionnement, il faut commencer par faire ce que l'auteur de l'article n'a pas fait : expliquer un peu, même schématiquement, comment fonctionne le système locatif en Suède.</p> <!--break--><p> Il faut bien comprendre qu'en Suède, la quasi-totalité des appartements à louer "en première main" ne vient pas des particuliers mais d'entreprises publiques ou privées. Le logement locatif de particulier à particulier concerne quasi-exclusivement la sous-location. Les principaux bailleurs sont d'ailleurs publics : il s'agit en général de la municipalité où se trouve l'appartement. Les sociétés appartenant aux grandes villes suédoises sont les principaux bailleurs en Suède, avec la ville de Stockholm comme plus grand bailleur du pays.</p> <p>Pour obtenir un logement en location, le français moyen pourrait s'imaginer faire comme en France avec une agence immobilière traditionnelle : arriver avec ses bulletins de salaire sous le bras et dire "Bonjour, qu'est-ce que vous pouvez me louer de beau ?" - mais en Suède, ça n'est pas comme ça que ça marche. En Suède, à la place, vous allez voir l'agence dédiée au logement de votre municipalité et vous vous inscrivez. A partir de là, vous entrez dans un système de points et d'enchères. Vous engrangez des points petit à petit (en général un point par jour) et lorsque des logements sont disponibles, chacun peut postuler pour obtenir ce logement : celui des postulants qui avait le plus de points emporte le contrat de location. Il existe quelques "passe-droits" qui permettent de gagner des points plus vite (par exemple avoir des enfants à charge peut apporter beaucoup de points), mais globalement, le système est celui-ci : plus vous attendez, plus vous avez de chances d'emporter l'enchère. A noter qu'il peut exister des queues spécifiques pour les logements étudiants par exemple. Dans certaines villes, cela n'a aucune importance : il y a bien assez de logements et l'on obtient très vite le nombre de points nécessaires pour en obtenir un. Dans d'autres où le nombre de logements est insuffisant, cela génère une attente qui peut être longue, et il faut savoir prendre son mal en patience. Tel est le cas de la ville de notre internaute, Uppsala, sans doute l'une des villes sinon la ville la plus saturée de toute la Suède.</p> <p> </p> <p>Ce système a des avantages et des inconvéniants. <br />Au titre des avantages, il répond particulièrement bien à l'objectif d'égalité qui est une valeur essentielle de la société suédoise, encore aujourd'hui, puisque chacun part avec les mêmes chances, que ceux qui attendent depuis le plus longtemps sont prioritaires, et que le fait de gagner beaucoup d'argent ne donne pas tellement d'avantage sur celui qui ne gagne pas grand chose (il faut quand-même gagner assez pour pouvoir payer le loyer du logement pour lequel on enchérit). Au final, c'est un système assez proche du logement social français, mais généralisé aux classes moyennes, voire aisées (en tout cas celles qui ne sont pas propriétaires). <br />Au rang des inconvéniants, bien-sûr, il y a le fait que ce système soit très défavorable à quelqu'un qui débarque juste... et donc notamment aux étrangers (j'en ai moi-même fait les frais). De plus, les queues peuvent parfois être très longues, dans les villes où le parc locatif est insuffisant. C'est un mal pour un bien, ou un bien pour un mal : en France, lorsque le parc locatif est insuffisant, c'est celui qui est prêt à sortir le plus d'argent qui a un logement. En Suède, c'est le plus patient. Au bout du compte, le résultat est le même : un gagnant et pas mal de déçus. C'est seulement que les critères qui désignent le gagnant changent. En attendant, il y a la sous-location mais - et c'est le seul point effectivement pertinent de l'article - le principal inconvéniant de celle-ci est que les baux sont souvent de courte durée (et que les droits du sous-locataire sont assez limités). Il existe aussi des bailleurs privés qui ne fonctionnent pas par un système de queue, mais là encore les étrangers en sont souvent exclus pour des tas de raisons (l'absence de numéro de sécurité sociale suédois étant la principale - sans ce numéro, en Suède, vous n'existez pas).</p> <p> </p> <p>Notre internaute - avec la bénédiction de Rue89 - remet en cause tout un modèle social parce que lui n'a pas été avantagé dans ce système, dans une des villes où le marché locatif est le plus atteint de pénurie de tout le Royaume (car il faut clairement redire qu'Uppsala n'est pas représentatif de la Suède : c'est une ville particulièrement ultra-saturée). C'est un peu court... tout comme sa façon de se plaindre de son logement de 20m² non-meublé et sans douche personnelle... le jeune homme n'a apparemment jamais visité une chambre de bonne parisienne, ou une chambre de résidence étudiante en France. Les conditions seront à peu près identiques, sauf que pour le même prix, ça n'est pas de 20m² dont il bénéficierait en France, mais de 9m². S'il était étranger et qu'il débarquait en France, il s'apercevrait également qu'obtenir un logement décent, là tout de suite, en envoyant des mails en anglais aux particuliers qui ont un logement à louer, n'est pas non-plus la garantie d'obtenir un logement en 24 heures.</p> <p> </p> <p>Alors oui, la situation pour un étranger qui débarque en Suède est particulièrement délicate point de vue logement. Mais c'est un épiphénomène. Il va de soi qu'un système social et locatif est conçu d'abord pour la majorité de gens ayant un parcours "normal" (suédois, demandeurs d'asile, personnes recrutées par une entreprise - qui se charge généralement de le loger, etc.) De fait, le défaut inhérent à tout système un tant soit peu planifié, c'est que ceux qui n'entrent pas dans les clous s'en trouvent un peu exclu. Le système n'a pas été pensé pour les jeunes post-doc qui débarquent d'un pays étranger et à qui l'université ne fournit pas de logement étudiant. C'est moche pour l'auteur de l'article, mais ça fait un peu léger pour dire que le système est merdique.</p> <p> </p> <p>On pourrait continuer longuement à critiquer cet article... le laius sur la "situation aisée" qui devrait lui garantir un logement (clairement, ça n'est pas la mentalité en Suède, désolé vieux, essaye les US la prochaîne fois), le fait qu'il soit difficile d'obtenir quelque chose en centre-ville dans une ville universitaire ultra-saturée (non sans déconner ? c'est plus facile la banlieue que le centre-ville ? Scandale !!), l'horreur de devoir renoncer à ses "critères de sélection" (heu bah oui... dans une ville archi-saturée, quand on débarque; qu'on est étranger et qu'on a besoin d'un logement là tout de suite, on est souvent obligé de renoncer au 50m² meublé dans un beau quartier du centre-ville avec balcon, en France aussi hein...), et le délire sur les "émeutiers de Stockholm" (non ils n'ont pas de galères de logement: la plupart sont logés depuis toujours par la municipalité pour une bouchée de pain, dans des logements certes pas très beau mais tout à fait décents et salubres)...</p> <p> </p> <p>Mais au final, on sent bien que la rancoeur de ce garçon, ce qui lui fait dire que la Suède n'est pas un modèle social, tient en un principe simple : il est scandalisé de voir que dans ce pays, sa situation sociale aisée (CSP+) ne lui donne aucun avantage sur les autres et que sur le logement, il n'a aucun passe-droit par rapport à un pauvre, ce qu'il vit comme une injustice.</p> <p>Ce qu'il n'a pas compris, c'est que c'est précisément ça, le principe du modèle social suédois. Les gens sont égaux. Et lorsqu'il y a un problème (telle qu'une insuffisance de logements), on l'affronte à armes égales qu'on soit riche ou pauvre. <br />On peut adhérer ou pas à cette idée, mais elle est le coeur de la culture et du modèle social suédois. Ceux qui préfèrent le modèle libéral ont toute lattitude pour renoncer à vivre en Suède et essayer le Royaume-Uni à la place.</p> <p> </p> </div></div></div><div class="easy_social_box clearfix vertical easy_social_lang_fr"> <div class="easy_social-widget easy_social-widget-twitter first"><a href="http://twitter.com/share" class="twitter-share-button" data-url="http://www.gauthier-casimiro.fr/exemple-de-maljournalisme-sur-la-su%C3%A8de-le-logement-en-su%C3%A8de-selon-rue89" data-count="vertical" data-lang = "fr" data-via="@Midsommar_FR" data-related=":" data-text="Exemple de maljournalisme sur la Suède : le logement en Suède selon Rue89">Tweet</a></div> <div class="easy_social-widget easy_social-widget-facebook"><iframe src="//www.facebook.com/plugins/like.php?locale=fr_FR&amp;href=http%3A//www.gauthier-casimiro.fr/exemple-de-maljournalisme-sur-la-su%25C3%25A8de-le-logement-en-su%25C3%25A8de-selon-rue89&amp;send=false&amp;layout=box_count&amp;width=56&amp;show_faces=true&amp;action=like&amp;colorscheme=light&amp;font=&amp;height=90&amp;appId=" scrolling="no" frameborder="0" style="border:none; overflow:hidden; width:56px; height:90px;" allowTransparency="true"></iframe></div> <div class="easy_social-widget easy_social-widget-googleplus"><div class="g-plusone" data-size="tall" data-annotation="bubble" data-href="http://www.gauthier-casimiro.fr/exemple-de-maljournalisme-sur-la-su%C3%A8de-le-logement-en-su%C3%A8de-selon-rue89"></div></div> <div class="easy_social-widget easy_social-widget-linkedin last"><script type="in/share" data-url="http://www.gauthier-casimiro.fr/exemple-de-maljournalisme-sur-la-su%C3%A8de-le-logement-en-su%C3%A8de-selon-rue89" data-counter="top"></script></div> </div> <!-- /.easy_social_box --> Wed, 02 Oct 2013 00:06:38 +0000 Admin 7 at http://www.gauthier-casimiro.fr http://www.gauthier-casimiro.fr/exemple-de-maljournalisme-sur-la-su%C3%A8de-le-logement-en-su%C3%A8de-selon-rue89#comments Bienvenue ! http://www.gauthier-casimiro.fr/bienvenue <div class="field field-name-body field-type-text-with-summary field-label-hidden"><div class="field-items"><div class="field-item even" property="content:encoded"><p>Depuis le 9 Septembre 2013, les activités de Midsommar ont démarré sous le SIRET 795 052 794 00018. L'ensemble des prestations de Midsommar Traductions &amp; Rédactions sont dès à présent disponibles aux tarifs indiqués sur les pages concernées. Sont également disponibles les prestations fournies sous le régime social de l'AGESSA (traduction littéraire etc.)</p> <p>Ce blog a par ailleurs vocation à être le témoignage de mon affection et de ma connaissance des pays nordiques, en proposant de temps à autres, sur mon temps libre, des petits (ou grands) articles sur des sujets ayant trait à la sphère nordique/scandinave, et à la Suède en particulier.</p> <p>J'espère en tout cas vous compter très bientôt parmi mes clients !</p> <p> </p> <p>Gauthier<br />Midsommar Traduction &amp; Rédaction.</p> </div></div></div><div class="easy_social_box clearfix vertical easy_social_lang_fr"> <div class="easy_social-widget easy_social-widget-twitter first"><a href="http://twitter.com/share" class="twitter-share-button" data-url="http://www.gauthier-casimiro.fr/bienvenue" data-count="vertical" data-lang = "fr" data-via="@Midsommar_FR" data-related=":" data-text="Bienvenue !">Tweet</a></div> <div class="easy_social-widget easy_social-widget-facebook"><iframe src="//www.facebook.com/plugins/like.php?locale=fr_FR&amp;href=http%3A//www.gauthier-casimiro.fr/bienvenue&amp;send=false&amp;layout=box_count&amp;width=56&amp;show_faces=true&amp;action=like&amp;colorscheme=light&amp;font=&amp;height=90&amp;appId=" scrolling="no" frameborder="0" style="border:none; overflow:hidden; width:56px; height:90px;" allowTransparency="true"></iframe></div> <div class="easy_social-widget easy_social-widget-googleplus"><div class="g-plusone" data-size="tall" data-annotation="bubble" data-href="http://www.gauthier-casimiro.fr/bienvenue"></div></div> <div class="easy_social-widget easy_social-widget-linkedin last"><script type="in/share" data-url="http://www.gauthier-casimiro.fr/bienvenue" data-counter="top"></script></div> </div> <!-- /.easy_social_box --> Fri, 23 Aug 2013 13:27:07 +0000 Admin 6 at http://www.gauthier-casimiro.fr http://www.gauthier-casimiro.fr/bienvenue#comments Midsommar / Gauthier Casimiro, traducteur indépendant http://www.gauthier-casimiro.fr/node/1 <div class="field field-name-body field-type-text-with-summary field-label-hidden"><div class="field-items"><div class="field-item even" property="content:encoded"><p>Midsommar Traductions &amp; Rédaction est votre expert en langues et cultures étrangères.</p> <p> </p> <p>Midsommar (nom commercial) est une entreprise de droit français (régime micro-entreprise) créée et gérée par <strong>Gauthier Casimiro.</strong></p> <p> </p> <p><strong>Midsommar Traduction</strong> propose des traductions <strong>suédois-français</strong> et <strong>anglais-français</strong>. 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